Appel à contributions en cours


Volume 47, numéro 2, automne 2015

Volume 48, numéro 1, printemps 2016


Description des appels à contribution

« Trajectoires de consécration et transformations des champs artistiques »

Volume 47, numéro 2, automne 2015

Numéro thématique dirigé par Wenceslas Lizé et Marian Misdrahi

L’accès à la consécration est un processus scandé par une succession d’étapes plus ou moins long et complexe selon les logiques de reconnaissance qui prévalent dans tel ou tel champ artistique. Le rappel de cette dimension processuelle peut sembler trivial mais ses implications sur le plan de l’appréhension des phénomènes de reconnaissance ne le sont pas. Elle suppose en effet, pour comprendre la manière dont se distribuent les artistes ou les oeuvres dans la hiérarchie du prestige, de reconstituer leur trajectoire et les logiques qui ont contribué à les faire diverger les unes des autres.

L’idée directrice de ce dossier est précisément d’aborder la question de la consécration sous l’angle des trajectoires, c’est-à-dire des étapes successives ou des processus qui mènent progressivement vers un haut degré de reconnaissance, qu’il s’agisse du succès commercial ou de la consécration artistique. Ces trajectoires peuvent être celles d’un artiste ou d’un ensemble d’artistes (mouvement, courant, etc.), ou bien celles d’une ou plusieurs oeuvres. Quelles sont les étapes, les circuits, les ressources et les institutions qui, au fil d’un parcours, conduisent à la consécration ? Quels sont les mécanismes selon lesquels se construisent progressivement les écarts de notoriété entre les artistes ou entre les oeuvres ?

Ces interrogations sociologiques rejoignent le souci croissant des professionnels de la culture concernant l’accès à la notoriété et le développement des carrières, qui est intimement lié aux nouvelles conditions de la création et de la reconnaissance artistiques, dont l’une des conséquences les plus notoires réside dans l’intensification de la concurrence pour l’accès à des positions établies et, plus encore, à la consécration. En portant attention à la dimension diachronique des processus de reconnaissance, ce dossier a pour objectif de s’intéresser à ces transformations récentes des mondes de l’art et de saisir leurs effets sur les trajectoires de consécration : accroissement des populations d’artistes, concentration des entreprises culturelles et médiatiques et, plus généralement, montée des intérêts et des logiques économiques, développement du star system, montée en puissance de l’aval des filières et des technologies numériques dans la diffusion et la promotion des oeuvres et, enfin, globalisation des échanges et de la circulation des artistes et de leurs oeuvres. Ces transformations n’ont pas fait disparaître les voies traditionnelles de la consécration telles qu’elles s’incarnent dans les figures des pairs, de l’expert, du critique, du jury et de l’académie, mais elles en ont fait apparaître de nouvelles. On peut ainsi se demander quelle place occupent désormais ces voies traditionnelles de la consécration par rapport à celles qui sont davantage centrées sur la notoriété médiatique et le succès commercial.

Calendrier

Les propositions d’articles sont attendues pour le 30 avril 2014 au plus tard sous la forme d’un résumé d’environ 5000 signes. Elles doivent présenter le titre de l’article, la question de recherche, le terrain étudié, la méthodologie employée et les principaux résultats. Elle doit également inclure les nom, prénom, statut, rattachement institutionnel et e-mail de l’auteur. Les propositions sont à adresser à Wenceslas Lizé (wenceslas.lize@gmail.com) et Marian Misdrahi (marianmif@yahoo.com). Les auteurs seront avisés par mail des propositions retenues le 15 mai 2014. Les articles devront être envoyés le 15 novembre 2014 au plus tard. Ils feront alors l’objet d’une double évaluation anonyme (l’acceptation de la proposition ne signifie pas acceptation automatique de l’article).

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« Le travail au prisme de l’activité »

Volume 48, numéro 1, printemps 2016

Coordonateurs :
Henri Eckert, Université de Poitiers, France
Mircea Vultur, Institut national de la recherche scientifique, Québec

Pierre Rolle écrivait, à propos de la sociologie du travail dont il dressait le bilan en 1988 : « Etudiant tour à tour l’atelier, l’entreprise, les relations collectives, on ne rencontre ni un objet immédiatement commun, ni des objets discontinus, mais un ensemble d’analogies, de correspondances, de transpositions, de convergences ». Et d’ajouter, un peu plus loin : « Aussitôt qu’on essaie de cerner l’objet de [la sociologie du travail], on rencontre les problèmes de la durée, de la répétition, du changement et de la permanence ». Plus que jamais se pose aujourd’hui, la question de savoir comment cerner cette activité nécessairement inscrite dans le temps, à la fois spécifique et pourtant difficile à isoler des autres activités humaines, que l’on désigne communément par le mot « travail ».

Les sciences du travail, dont la psychologie et l’ergonomie en particulier, avaient entrepris d’approcher divers aspects des situations de travail à l’occasion d’observations minutieuses des tâches imparties aux individus et des modalités de leur adaptation à celles-ci ; en réaction aux tentatives de rationalisation dont le travail faisait alors l’objet , la sociologie du travail avait, en revanche, tendu très tôt à focaliser l’attention vers l’écart entre travail prescrit et travail réel. Elle donnait ainsi à entendre que la réalisation effective du travail impliquait de prendre distance avec sa prescription trop stricte, afin de s’intéresser davantage aux formes d’autonomie susceptibles d’émerger en résistance à la contrainte salariale. Si le travail s’y donnait comme objet empirique concret il n’en échappait pas moins à une analyse directe.

Ces approches ont, au bout du compte, laissé peu de place à la saisie du « travail en acte ». C’est dans ce contexte qu’a émergé une proposition nouvelle : approcher le travail en tant qu’activité tend à concentrer l’attention sur le travail « en train de se faire », selon une expression souvent utilisée par Alexandra Bidet. S’agit-il d’un nouveau paradigme ? Laissons la question en suspens pour prendre acte de cette ouverture : « en rapportant le travail à l’activité humaine, il s’agit de ressaisir deux dimensions du travail précédemment négligées : sa temporalité et sa technicité, entendue comme le rapport opératoire au monde qui noue continuellement l’acteur au milieu par lequel il vit autant qu’il le façonne » . Cette nouvelle perspective met ainsi l’accent sur le geste et la réflexivité qu’il suppose.

Il apparaît donc nécessaire d’appréhender le travail dans son contexte spécifique, en particulier dès lors qu’il ne mobilise plus tant la force physique de l’ouvrier mais vise à assurer la continuité du procès de production, c’est-à-dire à en gérer les aléas et à en contenir les effets perturbateurs sur le déroulement normal de la production. L’évolution des conditions techniques de la production, du flux tendu à la dissolution progressive des frontières entre production des biens matériels et prestations de service, marque ainsi l’importance du milieu de travail (au sens que Georges Canguilhem donne à la notion de milieu) dans lequel les individus sont amenés à agir. Il s’agit dès lors d’en revenir aux pratiques à l’œuvre, au sens donné à leur activité par les individus eux-mêmes, à la saisie du « vrai boulot » et aux modalités de concertation ou de coordination au sein de collectifs de travail.

L’objectif de ce numéro est de réunir des articles qui permettent de retracer et de comprendre l’évolution de la sociologie du travail au cours des trente dernières années, de mettre en relief la notion d’activité comme nouvelle perspective dans l’analyse du travail, d’examiner les diverses formes d’activité qui inscrivent le travail dans le parcours biographique de l’individu et dans les multiples expériences des milieux de travail et d’activité qu’il traverse. Centrées sur l’intérêt récent pour la notion d’activité et la recomposition de la sociologie du travail autour de cette notion-clé, nous sollicitons des contributions qui peuvent se situer autour des trois axes thématiques suivants :

  1. L’évolution des approches du travail dans le champ de la sociologie

    Dans le cadre de cet axe, nous souhaitons recevoir des articles qui font un état des lieux et rappellent l’histoire de la sociologie du travail, l’évolution du débat relatif à la définition de cette discipline et ses modes d’approches au cours des dernières décennies. Comment la sociologie du travail s’est développée et quelle a été l’évolution de ses modes d’analyse depuis le moment où l’entreprise ou l’atelier étaient les lieux privilégiés d’observation jusqu’aujourd’hui ? Quels ont été les paradigmes qui ont façonné la sociologie du travail et quelles sont ses perspectives futures sur ce plan?

  2. La notion d’activité : une nouvelle catégorie d’analyse du travail

    Cet axe est central dans la conception de ce numéro. Les articles devront, sinon mettre en évidence du moins interroger l’émergence de la notion d’activité en tant qu’elle ouvre une perspective nouvelle et de nouveaux moyens à l’analyse du travail. Les transformations récentes des contextes de travail concrets, qu’il s’agisse des progrès de l’automatisation dans certains segments de la production ou de l’intellectualisation des tâches dans le cadre des progrès des industries de «process», et les aspirations renouvelées de personnels mieux formés et plus exigeants quant aux conditions dans lesquelles ils exercent leur activité, devraient offrir autant d’occasions de tester la pertinence heuristique de cette nouvelle perspective et contribuer à la développer.

  3. L’activité, le redéploiement du travail et des conditions de sa réalisation

    À l’intérieur de cet axe, nous sollicitons des articles qui permettent d’inscrire le travail dans le parcours biographique des individus et dans ses expériences de travail. À titre d’exemple et sans être exhaustif : l’engagement dans le travail et le sens du travail ; le temps et l’activité du travail ; le contrôle de l’activité de travail, l’activité de travail « triangulaire », la qualité de l’activité de travail, la loyauté et la performance au travail, etc.

Les intentions de contributions (titre et résumé ne dépassant pas 1000 signes) doivent être adressées aux coordonateurs (henri.eckert@univ-poitiers.fr et mircea.vultur@ucs.inrs.ca), avant le 1er septembre 2014. Les auteurs des propositions retenues seront contactés avant le 1er octobre 2014. Les articles sélectionnés devront être remis au plus tard le 15 mai 2015.

Attention : l’acceptation de l’intention d’article ne présume pas de l’acceptation de l’article final, qui sera soumis aux procédures d’évaluation par les pairs, conformément aux usages de la revue. La sortie du numéro est prévue pour le printemps 2016.

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